Stimuler le développement économique de la filière bois

Construction

06.12.2017

Il ne faut pas être superstitieux car la dernière fois que les planètes du Bâtiment étaient alignées comme cela, c'était en 2006, à la veille de la crise financière. En fait, la construction européenne remonte la pente depuis 2014, année depuis laquelle la progression du volume d'activité s'inscrit désormais à 9%. Le redémarrage français s'inscrit donc dans un contexte européen, même s'il arrive un peu plus tard.

Le groupe Euroconstruct se compose des pays suivants : Allemagne, Belgique, Danemark, Finlande, France, Grande-Bretagne, Hongrie, Irlande, Italie, Pays-Bas, Norvège, Autriche, Pologne, Portugal, République Tchèque, Suède, Suisse, Slovaquie. Leur volume d'activité en termes de construction progressera cette année de 3,5%, explique l'institut IFO. S'ajoute à cela que la demande progresse de concert dans les 19 pays membres, avec une impulsion particulière donnée par la construction de logements. D'ici 2020, on compte sur une progression d'encore 6%. 

La Bâtiment et le neuf fléchissent, les TP deviennent le moteur de l'activité 

L'activité va donc continuer de progresser, mais le logement et le Bâtiment en général va voir ralentir nettement ses taux de progression, relayé par les TP à moyen terme. En 2018 et 2019, les TP devraient progresser de plus de 4%. Du jamais vu. Parallèlement, la construction neuve va perdre en vigueur. On s'attend à ce qu'en 2020 le secteur de la rénovation progressera davantage que le neuf, pour la première fois depuis 2014.

La France revient de loin

Depuis 2016, la croissance du BTP surperforme par rapport à celle du PIB, avec un écart maximal cette année. En France plus qu'ailleurs, le creux de 2015 a été particulièrement sensible mais la remontée est continue et sera au total de 11 points en 5 ans. Une bonne moyenne, loin de l'Irlande qui n'est pas très loin de doubler son activité entre 2014 et 2020. En Allemagne, la conjoncture reste robuste malgré des taux de progression faibles. La demande de logements y tire la conjoncture, plus encore en 2017 qu'en 2016, attisée également par les envies d'investir des entreprises et par les grands travaux publics déclenchés au niveau fédéral. Le rythme de progression va s'atténuer mais il faut compter sur de gros investissements à long terme dans les secteurs du logement et de l'infrastructure. 

Une situation économique robuste, malgré des restrictions sur le plan des investissements publics

La croissance économique robuste engendre des effets positifs pour les revenus des ménages, les résultats des entreprises et les comptes publics. S'ajoute les taux d'intérêt qui restent bas, les migrations intérieures et venant de l'extérieur, le retard accumulé en matière d'investissements depuis la crise financière, notamment sur le plan des infrastructures. La marge de manoeuvre des pouvoirs publics restent étroites, comme on peut le lire au travers de politique fiscales et de soutien à l'investissement plutôt timorées. Et dans certains cas, la surabondance de locaux vacants ou la cherté des prix de l'immobilier limitent les possibilités de croissance du BTP. 

La Hongrie, l'irlande, la Suède et la Pologne font la course en tête 

La Hongrie est l'avant-dernier pays du groupe en terme de volume d'activité BTP, mais progresse de 25% en 2017, suivi de l'Irlande (15%), de la Suède (10%) et de la Pologne (9%). Durant les trois prochaines, années, la progression totale sera la plus forte en Hongrie (+33%). La raison étant qu'outre les aides d'état pour la construction de logements, ce pays tire profit des aides européennes dans le non résidentiel. L'irlande occupe la seconde place (28%), suivie de la Pologne (25%), suivis à égalité de la République Tchèque et du Portugal (15%).

Source: ifo/IHB/Fordaq JT